Un patient entend parler de vous, tape votre nom sur Google, tombe sur votre fiche, puis clique sur « Site web ». Il cherche trois choses : où vous êtes, quand vous recevez, comment prendre rendez-vous. Un site internet de cabinet dentaire bien construit répond à ces questions et évite autant d’appels au secrétariat. Mal construit, il fait fuir le patient, ou expose le praticien à un reproche disciplinaire. Ce guide donne un plan de site page par page, ce que le code de déontologie marocain permet d’écrire, les règles de la loi 09-08 pour les formulaires, et les réglages qui relient le site à la fiche Google et à WhatsApp.

En bref

  • Un site internet de cabinet dentaire est un support d’information : praticiens, soins expliqués, horaires, accès, contact. Il ne vend rien.
  • Sept pages suffisent : accueil, équipe, soins, premier rendez-vous, prise en charge, contact, données personnelles.
  • Le code de déontologie ne parle pas d’internet, mais s’applique au contenu : pas de réclame (articles 11 et 19), pas de titre trompeur (article 15), pas de prix d’appel (article 35).
  • Un formulaire collecte des données personnelles : mention loi 09-08 (article 5), champs minimaux, aucune donnée de santé.
  • Le site doit être pensé pour le téléphone et reprendre exactement le nom, l’adresse et le numéro de la fiche Google.

À quoi sert le site d’un cabinet dentaire ?

Le patient vous trouve par un proche, par la plaque ou par la fiche Google. Le site intervient juste après, pour trois raisons :

  1. Rassurer : qui sont les praticiens, quels titres ils détiennent.
  2. Orienter : adresse, étage, stationnement, horaires, documents à apporter.
  3. Décharger l’accueil : chaque question traitée en ligne est un appel en moins.

Exemple : 15 appels par jour × 2 minutes = 30 minutes, soit 2 h 30 par semaine de cinq jours. Un site qui règle la moitié de ces questions libère plus d’une heure de secrétariat.

Ce n’est pas une vitrine commerciale. Le code de déontologie des médecins dentistes (décret n° 2-96-989 du 5 janvier 1999) interdit « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité » (article 11). Le cadre général est dans notre guide du marketing dentaire au Maroc conforme à la déontologie.

Les pages indispensables d’un site internet de cabinet dentaire

PageContenu
AccueilNom tel qu’il figure sur la plaque, adresse, téléphone cliquable, horaires, bouton WhatsApp
Praticiens et équipeNom, qualité, titres reconnus, origine du diplôme ; langues de consultation et rôle de chacun (information pratique, hors liste de l’article 12)
SoinsUne page par famille de soins, rédigée de façon informative
Premier rendez-vousDéroulé, questionnaire médical, documents à apporter (CIN, attestation AMO, ordonnances en cours, radiographies récentes)
Prise en chargeFeuilles de soins CNSS et CNOPS, devis écrit, modes de paiement acceptés
Accès et contactPlan, étage, stationnement, formulaire de demande de rendez-vous
Données personnellesResponsable du traitement, finalités, destinataires, droits, référence CNDP

Arborescence à transmettre au prestataire

/                           Accueil
/cabinet/                   Le cabinet et l'équipe
/soins/[famille-de-soins]/  Une page par famille de soins
/premier-rendez-vous/       Déroulé et documents à apporter
/prise-en-charge/           AMO, feuilles de soins, devis, paiement
/contact/                   Accès, horaires, demande de rendez-vous
/donnees-personnelles/      Mention loi 09-08

Donnez une adresse distincte à chaque page : chacune peut alors apparaître sur sa propre recherche. Si votre patientèle lit l’arabe, prévoyez une version arabe complète, relue au cabinet, affichée de droite à gauche.

Ce qu’on peut écrire sur les praticiens et les soins

La lecture prudente consiste à appliquer au site les règles des imprimés et de la plaque (articles 12 et 13).

La page praticiens

L’article 12 limite les imprimés professionnels aux noms, adresse, téléphone, jours et heures de consultation, titres reconnus valables par le conseil de l’Ordre et distinctions honorifiques reconnues par le Royaume. L’article 13 autorise en plus, sur la plaque, l’origine du diplôme. L’article 15 interdit les faux titres et les abréviations prêtant à confusion.

Dr [Prénom NOM]
Médecin dentiste
[Titre de spécialité reconnu par l'Ordre, en toutes lettres, le cas échéant]
Diplômé(e) de la Faculté de médecine dentaire de [ville] ([pays])
Langues de consultation : français, arabe, [autre]
Consultations : [jours et horaires]
  • Une formation continue n’est pas un titre : demandez l’avis de votre conseil régional avant de la mentionner.
  • Pas de « certifié par » une marque : réclame pour une firme (article 19).
  • Les portraits de l’équipe sont des données personnelles (loi 09-08, article 1) : accord écrit de chaque salarié.

Les pages de soins

Une page de soin suit cinq rubriques : de quoi il s’agit ; dans quelles situations on y a recours, en précisant que l’indication se pose en consultation ; le déroulé (séances, anesthésie, délais) ; les consignes générales après le soin ; les questions à poser au praticien (alternatives, durée, entretien, coût).

L’article 20 interdit de présenter au grand public un procédé dont la valeur et l’innocuité ne sont pas démontrées. Ne citez aucune marque (article 19).

À éviterÀ écrire à la place
« Un sourire parfait en une séance »« Le blanchiment éclaircit la teinte des dents. Son indication s’évalue en consultation. »
« Implants sans douleur, résultat garanti »« Le praticien explique avant le traitement les étapes et les alternatives. »
« La technologie la plus avancée de la ville »« Les radiographies sont réalisées au cabinet. »

Ce qu’il faut éviter : promesses, comparaisons, prix d’appel

ContenuPourquoi c’est risquéCode
« Le meilleur », « le seul »Réclame, atteinte implicite aux confrèresArt. 11, 19, 50, 51
« Garanti », « définitif »Promesse de résultat, donc réclameArt. 11
Prix d’appel, promotion, « à partir de »Baisse d’honoraires pour concurrencerArt. 11 et 35
« Consultation offerte »Avantage ou ristourne au patientArt. 16
Témoignages et avis de patients affichésRéclame personnelle, secret professionnelArt. 4 et 19
Logos de fabricants, « centre agréé »Réclame pour une firmeArt. 19
Annonce d’ouverture ou de transfertSoumise à l’agrément préalable de l’OrdreArt. 14

Les photos avant/après posent des questions de secret et d’anonymat à part entière : lisez notre article sur les photos avant/après du dentiste avant d’en publier une seule.

Et les tarifs ?

Le code ne dit rien des prix en ligne, mais une grille publiée devient vite un argument de comparaison, ce que visent les articles 11 et 35. Abstenez-vous. La page « Prise en charge » rappelle plutôt que les honoraires sont toujours expliqués et qu’un devis écrit précède tout traitement d’un coût élevé (article 30). En cas de doute, écrivez à votre conseil régional de l’ONMD.

Formulaires et données patients : la loi 09-08

Dès qu’un visiteur saisit son nom et son numéro, la loi 09-08 s’applique.

Ce que la loi exige

L’article 5 impose d’informer la personne sur le document de collecte lui-même : responsable, finalités, destinataires, réponses obligatoires, droits d’accès et de rectification, référence CNDP. Sur internet, il faut aussi signaler que les données peuvent circuler sans garantie de sécurité.

L’article 12 soumet les traitements à une formalité préalable auprès de la CNDP ; l’article 52 punit de 10 000 à 100 000 DH d’amende le fichier mis en œuvre sans elle. Le formulaire peut entrer dans la formalité déjà faite pour la gestion des patients : vérifiez-le auprès de la CNDP, avec notre guide de la loi 09-08 au cabinet dentaire. Un hébergement hors du Maroc est un transfert encadré par les articles 43 et 44.

Un formulaire minimal

Nom, téléphone, créneau souhaité, type de demande (première consultation, suivi, autre). Rien de plus : ni CIN, ni symptômes, ni radiographie. Les données de santé sont sensibles et soumises à un régime renforcé (articles 12, 21 et 22) ; elles se recueillent au cabinet, dans le questionnaire médical. Les messages arrivent dans une boîte du cabinet réservée aux personnes habilitées (article 4 du code).

Mention à placer sous le formulaire :

Vos informations sont traitées par le cabinet du Dr [Nom], [adresse],
pour vous recontacter et fixer votre rendez-vous. Champs obligatoires :
nom et téléphone. Destinataires : l'accueil du cabinet et son hébergeur,
tenu à la confidentialité. N'envoyez aucune information médicale :
les données circulant sur internet n'ont pas de garantie absolue
de sécurité. Accès, rectification, opposition : [contact].
Référence CNDP : [n°].

Prise de rendez-vous en ligne

Trois options : le formulaire de demande (l’accueil rappelle dans un délai affiché), le bouton WhatsApp, ou la réservation en temps réel par un service tiers, qui impose de vérifier le contrat, l’hébergement et l’affichage d’autres praticiens. Les deux premières suffisent à la plupart des cabinets : l’accueil garde la main sur la durée des actes. Le rendez-vous fixé, le formulaire d’admission et le consentement signé en ligne de smilesIA permettent au patient de remplir ses informations avant de venir.

Mobile, vitesse et lisibilité

Google utilise la version mobile d’un site pour l’indexer et le classer (documentation Google). Ses Core Web Vitals fixent trois seuils : contenu principal affiché en 2,5 secondes au plus, réaction aux interactions en 200 millisecondes au plus, score de stabilité visuelle de 0,1 au plus. Testez la version mobile avec PageSpeed Insights.

  1. Téléphone cliquable sur chaque page, adresse qui ouvre l’itinéraire.
  2. Texte lisible sans zoom, boutons assez grands pour le pouce.
  3. Photos compressées, pas de vidéo lourde en haut de l’accueil.
  4. HTTPS, indispensable dès qu’il y a un formulaire.
  5. Données structurées de type Dentist : nom, adresse, téléphone, horaires.

La documentation Google sur les établissements locaux réserve le balisage des avis aux sites qui évaluent d’autres établissements : ne balisez pas les vôtres. Par prudence déontologique (articles 11 et 35), laissez aussi vide la propriété de fourchette de prix.

Relier le site à la fiche Google et à WhatsApp

Fiche Google, site et plaque disent la même chose : même nom, même adresse, même téléphone, mêmes horaires. Les consignes de Google demandent le nom réel de l’établissement, sans mots-clés ajoutés. La configuration est détaillée dans notre guide de la fiche Google Business Profile du dentiste.

  1. Champ « Site web » de la fiche : la page d’accueil.
  2. Lien de prise de rendez-vous de la fiche : votre page contact, plutôt qu’une plateforme qui affiche d’autres cabinets.
  3. Bouton WhatsApp : le lien « clic vers WhatsApp » (wa.me suivi du numéro au format international) de la ligne professionnelle, jamais du portable personnel.
  4. Horaires de réponse affichés près du bouton.
  5. Aucun échange médical avec une personne pas encore vue : on fixe le rendez-vous, on ne pose pas de diagnostic.

Ensuite, smilesIA envoie les rappels par WhatsApp ou SMS et le patient confirme sa venue par WhatsApp. Pour être trouvé dans votre ville, voyez notre méthode de référencement local du cabinet dentaire.

Checklist avant la mise en ligne

  1. Nom, adresse, téléphone et horaires identiques à la plaque et à la fiche Google.
  2. Titres reconnus par l’Ordre, écrits en toutes lettres.
  3. Aucun prix, offre, superlatif, comparaison ou témoignage.
  4. Aucune marque de fabricant, aucune photo de patient.
  5. Pages de soins validées par le praticien.
  6. Formulaire minimal, mention loi 09-08, référence CNDP renseignée.
  7. Hébergement connu, test mobile fait.

Erreurs fréquentes

  • Reprendre un modèle d’agence étranger, avec tarifs, offres et avis clients.
  • Laisser le prestataire rédiger seul : le praticien répond de ce qui paraît sous son nom.
  • Un champ « décrivez votre problème », qui fait entrer des données de santé par le site.
  • Des horaires jamais mis à jour : Ramadan, congés, nouvel horaire.

Questions fréquentes

Un dentiste a-t-il le droit d’avoir un site internet au Maroc ?

Le code de déontologie des médecins dentistes (décret n° 2-96-989 de 1999) ne parle pas d’internet : un site n’est donc pas interdit en soi. Son contenu reste soumis au code, qui interdit toute réclame ou publicité (articles 11 et 19). Un site informatif reste dans ce cadre ; en cas de doute, demandez l’avis écrit de votre conseil régional de l’Ordre.

Que mettre sur le site d’un cabinet dentaire ?

Accueil, praticiens et équipe, soins expliqués, premier rendez-vous, prise en charge, accès et contact, données personnelles. Pour les praticiens, partez de la liste de l’article 12 du code : identité, coordonnées, horaires, titres reconnus par l’Ordre. Les soins se décrivent de façon informative, sans promesse ni marque.

Peut-on afficher ses tarifs sur le site d’un cabinet dentaire ?

Le code ne traite pas de l’affichage en ligne, mais il interdit la publicité (article 11) et la baisse d’honoraires pour concurrencer (article 35). Une grille de prix devient vite un prix d’appel : la prudence est de s’en abstenir. Expliquez plutôt comment les honoraires sont établis, avec un devis écrit avant tout traitement d’un coût élevé (article 30).

Faut-il déclarer un formulaire de contact à la CNDP ?

Le formulaire collecte des données personnelles : il relève des formalités CNDP du cabinet (article 12 de la loi 09-08) et doit porter la mention d’information de l’article 5. Il peut entrer dans la formalité déjà faite pour la gestion des patients ; vérifiez-le auprès de la CNDP. Limitez-le au nom, au téléphone et au créneau souhaité.

Combien de pages faut-il pour un site de cabinet dentaire ?

Aucun texte ne fixe de nombre. Sept pages répondent aux questions que l’accueil entend chaque jour, et vous pouvez ajouter une page par famille de soins. Mieux vaut peu de pages exactes et tenues à jour que trente pages copiées d’un modèle.

Conclusion

Un bon site de cabinet dentaire est court, exact et sobre : les informations de la plaque, des soins expliqués sans promesse, un formulaire minimal avec sa mention loi 09-08.

Pour gérer les rendez-vous qui arrivent par le site, découvrez les modules de smilesIA.

Questions fréquentes

Un dentiste a-t-il le droit d'avoir un site internet au Maroc ?

Le code de déontologie des médecins dentistes (décret n° 2-96-989 de 1999) ne parle pas d'internet : un site n'est donc pas interdit en soi. Son contenu reste soumis au code, qui interdit toute réclame ou publicité (articles 11 et 19). Un site informatif reste dans ce cadre ; en cas de doute, demandez l'avis écrit de votre conseil régional de l'Ordre.

Que mettre sur le site d'un cabinet dentaire ?

Accueil, praticiens et équipe, soins expliqués, premier rendez-vous, prise en charge, accès et contact, données personnelles. Pour les praticiens, partez de la liste de l'article 12 du code : identité, coordonnées, horaires, titres reconnus par l'Ordre. Les soins se décrivent de façon informative, sans promesse ni marque.

Peut-on afficher ses tarifs sur le site d'un cabinet dentaire ?

Le code ne traite pas de l'affichage en ligne, mais il interdit la publicité (article 11) et la baisse d'honoraires pour concurrencer (article 35). Une grille de prix devient vite un prix d'appel : la prudence est de s'en abstenir. Expliquez plutôt comment les honoraires sont établis, avec un devis écrit avant tout traitement d'un coût élevé (article 30).

Faut-il déclarer un formulaire de contact à la CNDP ?

Le formulaire collecte des données personnelles : il relève des formalités CNDP du cabinet (article 12 de la loi 09-08) et doit porter la mention d'information de l'article 5. Il peut entrer dans la formalité déjà faite pour la gestion des patients ; vérifiez-le auprès de la CNDP. Limitez-le au nom, au téléphone et au créneau souhaité.

Combien de pages faut-il pour un site de cabinet dentaire ?

Aucun texte ne fixe de nombre. Sept pages répondent aux questions que l'accueil entend chaque jour, et vous pouvez ajouter une page par famille de soins. Mieux vaut peu de pages exactes et tenues à jour que trente pages copiées d'un modèle.