Un confrère lance des annonces Google, un autre « booste » ses vidéos de blanchiment, un troisième offre des facettes à une influenceuse contre quelques stories. Vous vous demandez si vous prenez du retard, ou s’ils prennent un risque. La question de la publicité dentiste au Maroc a une réponse écrite : le code de déontologie des médecins dentistes, rendu applicable en 1999, et la loi 07-05 relative à leur Ordre. Ce code ne parle ni d’Internet ni des réseaux sociaux, mais ses principes s’y appliquent. Voici les articles qui comptent, appliqués aux outils actuels, et ce qui reste permis.
En bref
- Au Maroc, la publicité est interdite au médecin dentiste : l’article 11 du code de déontologie (décret n° 2-96-989 de 1999) proscrit « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité ».
- Ce qui peut être écrit est listé : nom, adresse, téléphone, horaires, titres reconnus par l’Ordre (article 12), plaque de 25 × 30 cm (article 13).
- Google Ads, posts sponsorisés, influenceurs rémunérés et prix d’appel se heurtent aux articles 11, 16, 19 et 35.
- L’information et l’éducation à la santé restent possibles, sans promotion du cabinet ni d’une marque.
- Les manquements relèvent de l’Ordre : sanctions allant de l’avertissement à la radiation (loi 07-05).
Publicité dentiste au Maroc : quel texte s’applique ?
Le code de déontologie des médecins dentistes, rendu applicable par le décret n° 2-96-989 du 5 janvier 1999 (Bulletin officiel n° 4662 du 4 février 1999). Le texte français du code est en ligne, comme la version arabe sur le portail Adala. Son article premier l’impose à tout médecin dentiste inscrit au tableau de l’Ordre et place ses infractions sous la juridiction disciplinaire de l’Ordre.
La loi n° 07-05 relative à l’Ordre national des médecins dentistes, promulguée par le dahir n° 1-07-41 (textes publiés par l’ONMD). Elle organise l’Ordre et la discipline de la profession.
Attention à la confusion : le code de déontologie de la profession médicale de 2021 (décret n° 2-21-225 du 17 juin 2021) est réservé par son article 3 aux médecins inscrits à l’Ordre national des médecins. Il ne s’applique pas aux dentistes.
Les lectures qui suivent sont les nôtres : seul le conseil de l’Ordre tranche un cas précis.
Article 11 : la médecine dentaire n’est pas un commerce
L’article 11 pose le principe : « La profession dentaire ne doit pas être pratiquée comme un commerce. » Il interdit notamment :
- l’exercice en boutique ou dans un local où s’exerce une activité commerciale ;
- « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité » ;
- les manifestations spectaculaires touchant à la médecine dentaire qui n’ont pas exclusivement un but scientifique ou éducatif.
Direct ou indirect. Le procédé direct, c’est l’annonce que vous payez : flyer, panneau, annonce en ligne. L’indirect passe par un tiers : publi-rédactionnel, jeu-concours, agence. « C’est mon agence, pas moi » ne protège donc pas.
Manifestations spectaculaires. Le critère est le but. Une séance de prévention dans une école passe le filtre ; une journée « blanchiment offert » dans un centre commercial, non. L’article 17 interdit aussi de consulter, même gratuitement, dans un local commercial vendant des médicaments ou appareils prescriptibles.
Articles 12 à 15 : les seules mentions autorisées
Article 12. Sur les ordonnances, cartes professionnelles, cartes de visite ou dans un annuaire, les « seules indications » permises sont : noms, prénoms, adresse, téléphone, télécopie, jours et heures de consultation ; titres reconnus valables par le conseil national de l’Ordre ; distinctions honorifiques reconnues par le Royaume.
Article 13. Une plaque de 25 cm sur 30 cm avec nom, prénom, qualité et spécialité, plus quelques mentions au choix (origine du diplôme, horaires, étage, téléphone, titres reconnus). Le détail est dans notre article sur la plaque professionnelle du dentiste au Maroc.
Article 14. Les communiqués d’ouverture, de fermeture ou de transfert exigent l’agrément préalable du « conseil supérieur de l’ordre ». Cette appellation ne correspond plus aux instances actuelles de l’Ordre : demandez à votre conseil régional qui valide aujourd’hui ces communiqués.
Article 15. Usurpation de titre, faux titres et abréviations trompeuses sont interdits. « Implantologue » ou « expert du sourire » sans titre reconnu par le conseil national est exposé.
| Mention | Prévue par le code ? | Référence |
|---|---|---|
| Nom, adresse, téléphone, horaires | Oui | Art. 12 et 13 |
| Titres reconnus par le conseil national | Oui | Art. 12 et 13 |
| Spécialité reconnue | Oui, sur la plaque | Art. 13 |
| Tarifs, remises, « petits prix » | Non | Art. 11 et 35 |
| « Sans douleur », « résultat garanti » | Non | Art. 11 et 19 |
| Technique « révolutionnaire » non éprouvée | Non | Art. 20 |
| « Expert », « spécialiste en… » non reconnu | Non | Art. 15 |
Article 19 : pas de réclame personnelle ni pour une marque
Premier alinéa. Dans ses écrits, propos ou conférences, le dentiste évite toute atteinte à l’honneur de la profession ou de ses membres. « Le meilleur dentiste de Rabat » ou « contrairement à d’autres cabinets » visent les confrères ; les articles 50 (médisance) et 51 (détournement de clientèle) vont dans le même sens.
Second alinéa. Sont interdites « toute publicité, toute réclame personnelle ou intéressant un tiers ou une firme quelconque ». Cela couvre le contrat d’« ambassadeur » avec une marque d’aligneurs ou de dentifrice, le code promo, le lien d’affiliation.
Trois articles voisins complètent la règle :
- Article 20 : interdit de présenter au grand public un procédé dont la valeur et l’innocuité ne sont pas démontrées.
- Article 16 : interdit tout avantage matériel injustifié à un patient, toute ristourne et toute commission « à quelque personne que ce soit » : agence payée au patient apporté, parrainage récompensé par un soin offert.
- Article 35 : interdit d’abaisser ses honoraires « dans un but de concurrence » au-dessous des barèmes en usage. Soigner gratuitement par conscience reste permis ; en faire une offre d’appel, non.
La frontière entre convaincre et vendre est traitée dans notre article sur l’éthique de la vente de soins dentaires.
Google Ads, posts sponsorisés, influenceurs : comment les lire au regard du code
Aucun texte marocain consulté ne cite ces outils pour les dentistes, et nous n’avons pas trouvé d’avis publié de l’Ordre à leur sujet. Le tableau est une lecture prudente, pas une décision de l’Ordre.
| Pratique | Articles en jeu | Lecture prudente |
|---|---|---|
| Annonce Google Ads « dentiste + ville » | 11, 19 | Publicité directe : à écarter sans avis écrit de l’Ordre |
| Publication Facebook ou Instagram « boostée » | 11, 19 | Payer la diffusion en fait une publicité |
| Influenceur payé ou soigné gratuitement | 4, 11, 16, 19 | Réclame et avantage matériel, même avec l’accord de l’influenceur |
| « Blanchiment -30 % », « consultation offerte » | 11, 16, 35 | Publicité par les prix |
| Agence rémunérée au patient apporté | 16 | Commission interdite |
| Avant/après « résultat garanti » | 4, 11, 19 | Secret professionnel, promesse de résultat |
| Contenu éducatif non sponsorisé | 11 | Possible, s’il informe sans promouvoir |
Google Ads et liens sponsorisés
Payer pour apparaître en tête quand un patient tape « dentiste Agadir », c’est acheter de la visibilité : le cas type du procédé direct de l’article 11. La fiche d’établissement gratuite (Google Business Profile), limitée aux mentions de l’article 12, ressemble davantage à une inscription dans un annuaire.
Publications sponsorisées
Une publication éducative relève de l’information. Payée pour atteindre les habitants d’un quartier, elle devient un procédé de réclame. Les règles pour publier sans publicité sont dans notre guide sur les réseaux sociaux du dentiste.
Ce qui reste permis : information, éducation, présence en ligne sobre
- L’information factuelle : plaque, imprimés, annuaires (articles 12 et 13). En ligne, une fiche qui reprend ces mêmes mentions reste dans l’esprit du texte.
- L’éducation à la santé : prévention, hygiène, déroulement général d’un soin. L’exception « but scientifique ou éducatif » de l’article 11 vise les manifestations, pas la publicité ; un contenu éducatif sans promotion du cabinet reste, selon une lecture prudente, dans l’esprit du texte. Restez général, sans promesse ni cas identifiable.
- Le suivi de vos patients : rappeler un rendez-vous ou un contrôle prévu relève de la continuité des soins. Dans smilesIA, les rappels WhatsApp ou SMS et les rappels de suivi (recall) servent cet usage, sans message promotionnel. Les données de santé sont sensibles au sens de la loi 09-08 (article 1) : information des patients et formalités CNDP s’appliquent.
- Un site sobre : le code n’en parle pas. Prudence : mentions de l’article 12, accès au cabinet, contenus éducatifs, sans tarifs, témoignages ni comparaisons. Le code des médecins de 2021 leur impose d’informer le conseil régional de la création d’un site (article 26) ; un dentiste peut faire de même.
Les images de patients posent des questions à part (consentement écrit, anonymat) : voir notre article sur les photos avant/après du dentiste.
Check-list avant de publier
Un « oui » à l’une des cinq premières questions, ou un « non » à l’une des deux dernières, justifie de ne pas publier en l’état.
- Est-ce que je paie pour diffuser ce contenu ?
- Est-ce que j’annonce un prix, une remise ou un soin gratuit ?
- Est-ce que je me compare, même implicitement, à des confrères ?
- Est-ce que je mets en avant une marque ou un produit ?
- Un patient est-il reconnaissable, ou un résultat promis ?
- Le contenu apprend-il quelque chose d’utile au lecteur ?
- Pourrais-je le montrer tel quel à mon conseil régional ?
En cas de doute : interroger le conseil de l’Ordre
Le code place ses infractions sous la juridiction disciplinaire de l’Ordre (article premier). La loi 07-05 prévoit des sanctions allant de l’avertissement à la radiation du tableau ; pour la procédure et le détail des sanctions, référez-vous au texte publié par l’ONMD ou à votre conseil régional.
Mieux vaut donc poser la question avant de publier.
La méthode, avant toute action de communication :
- Rédigez le projet exact : texte, visuels, canal, durée.
- Envoyez une demande d’avis à votre conseil régional, par un moyen qui laisse une trace.
- Attendez la réponse avant de publier, puis archivez-la.
- Transmettez le code et la réponse à toute agence qui travaille pour vous.
Modèle à adapter :
Objet : demande d’avis déontologique sur un projet de communication
Madame, Monsieur le Président,
Médecin dentiste inscrit au tableau de l’Ordre, j’exerce à [adresse]. Je souhaite [décrire le projet : site internet, contenus éducatifs sur une page professionnelle…]. Vous trouverez ci-joint les textes et visuels prévus. Pourriez-vous m’indiquer si ce projet est conforme au code de déontologie des médecins dentistes et, le cas échéant, les modifications à apporter ?
Veuillez agréer, Madame, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations confraternelles.
Dr [nom], le [date]
Erreurs fréquentes
- Croire que « tout le monde le fait » protège : la responsabilité disciplinaire est individuelle.
- Confondre règles de plateforme et déontologie : une annonce acceptée par la régie n’est pas conforme pour autant.
- Publier des témoignages de patients : réclame indirecte et risque pour le secret.
Questions fréquentes
La publicité est-elle interdite aux dentistes au Maroc ?
Oui. L’article 11 du code de déontologie des médecins dentistes (décret n° 2-96-989 de 1999) interdit « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité », et l’article 19 toute réclame personnelle. Informer reste permis : plaque, imprimés et annuaires dans les limites des articles 12 et 13, contenus à but éducatif.
Un dentiste peut-il payer une publicité Google ou Facebook ?
Le code date de 1999 et ne cite pas Internet, mais une annonce payante est un procédé direct de publicité au sens de l’article 11. Nous n’avons trouvé aucun texte ni avis publié de l’Ordre qui l’autorise. Avant toute dépense, demandez un avis écrit à votre conseil régional.
Un dentiste peut-il collaborer avec un influenceur ?
Une promotion du cabinet contre des soins gratuits ou une rémunération cumule les risques : réclame personnelle (article 19), avantage matériel (article 16) et exposition d’un patient (secret professionnel, article 4). Une intervention purement éducative, sans promotion du cabinet, se lit différemment.
Quelles sanctions risque un dentiste qui fait de la publicité ?
La loi 07-05 relative à l’Ordre national des médecins dentistes prévoit des sanctions disciplinaires allant de l’avertissement à la radiation du tableau, prononcées par les instances de l’Ordre. Pour le détail, reportez-vous au texte de la loi publié par l’ONMD ou interrogez votre conseil régional.
Le code de déontologie médicale de 2021 s’applique-t-il aux dentistes ?
Non. Le décret n° 2-21-225 du 17 juin 2021 vise les médecins inscrits au tableau de l’Ordre national des médecins (article 3). Les médecins dentistes relèvent de leur propre code, rendu applicable en 1999, et de la loi 07-05 relative à leur Ordre.
Conclusion
Le code des médecins dentistes interdit la publicité directe ou indirecte, la réclame pour soi ou pour une marque et les prix d’appel. Il laisse une place à l’information factuelle, à l’éducation et au suivi des patients. En cas de doute, l’avis écrit du conseil régional vaut mieux que l’exemple d’un confrère. Pour une stratégie complète, lisez notre guide du marketing dentaire au Maroc.
Un cabinet bien organisé fait revenir ses patients sans publicité : rappels, suivi, devis clairs. Voyez comment smilesIA y aide sur la page des modules.
Questions fréquentes
La publicité est-elle interdite aux dentistes au Maroc ?
Oui. L'article 11 du code de déontologie des médecins dentistes (décret n° 2-96-989 de 1999) interdit « tous procédés directs ou indirects de réclame ou de publicité », et l'article 19 toute réclame personnelle. Informer reste permis : plaque, imprimés et annuaires dans les limites des articles 12 et 13, contenus à but éducatif.
Un dentiste peut-il payer une publicité Google ou Facebook ?
Le code date de 1999 et ne cite pas Internet, mais une annonce payante est un procédé direct de publicité au sens de l'article 11. Nous n'avons trouvé aucun texte ni avis publié de l'Ordre qui l'autorise. Avant toute dépense, demandez un avis écrit à votre conseil régional.
Un dentiste peut-il collaborer avec un influenceur ?
Une promotion du cabinet contre des soins gratuits ou une rémunération cumule les risques : réclame personnelle (article 19), avantage matériel (article 16) et exposition d'un patient (secret professionnel, article 4). Une intervention purement éducative, sans promotion du cabinet, se lit différemment.
Quelles sanctions risque un dentiste qui fait de la publicité ?
La loi 07-05 relative à l'Ordre national des médecins dentistes prévoit des sanctions disciplinaires allant de l'avertissement à la radiation du tableau, prononcées par les instances de l'Ordre. Pour le détail, reportez-vous au texte de la loi publié par l'ONMD ou interrogez votre conseil régional.
Le code de déontologie médicale de 2021 s'applique-t-il aux dentistes ?
Non. Le décret n° 2-21-225 du 17 juin 2021 vise les médecins inscrits au tableau de l'Ordre national des médecins (article 3). Les médecins dentistes relèvent de leur propre code, rendu applicable en 1999, et de la loi 07-05 relative à leur Ordre.