Ouvrir une page Instagram ou Facebook pour le cabinet prend quelques minutes. Trouver quoi y publier chaque semaine est une autre affaire, surtout quand le code de déontologie interdit la publicité. Résultat : des pages muettes depuis des mois, ou des publications qui glissent vers la promotion sans que personne s’en rende compte.

Cette liste d’idées de publications pour dentiste répond aux deux problèmes. Elle propose 30 sujets classés en quatre familles (prévention, organisation du cabinet, questions de patients, coulisses), avec un format conseillé et, quand il existe, le piège à éviter. Tous restent dans le cadre de l’information et de l’éducation à la santé. Suivent un calendrier type sur un mois, le choix des formats et quelques règles pour publier en français et en darija.

En bref

  • Une publication de dentiste conforme informe ou éduque : prévention, fonctionnement du cabinet, réponses aux questions courantes. Elle ne vend rien.
  • Le code de déontologie interdit la publicité (articles 11 et 19) et la présentation au grand public d’un procédé dont la valeur et l’innocuité ne sont pas démontrées (article 20).
  • Pas de prix, de promotion, de patient reconnaissable, de marque ni de comparaison avec des confrères.
  • Deux à trois publications par semaine suffisent, en alternant prévention, questions de patients et vie du cabinet.
  • Publier en darija élargit l’audience ; les règles restent les mêmes.

Ce qui rend une publication compatible avec le code

Le code de déontologie des médecins-dentistes, rendu applicable par le décret n° 2-96-989 du 5 janvier 1999, ne parle pas des réseaux sociaux. On raisonne donc à partir de l’esprit de ses articles :

  • Article 11 : la profession ne se pratique pas comme un commerce. Réclame et publicité sont interdites, comme les manifestations spectaculaires sans but exclusivement scientifique ou éducatif. Le but éducatif est votre boussole.
  • Article 19 : ni réclame personnelle, ni réclame au profit d’un tiers ou d’une firme.
  • Article 20 : divulguer au grand public un procédé dont la valeur et l’innocuité ne sont pas démontrées est interdit. Présenter en story une « technique révolutionnaire » non éprouvée tombe sous ce texte ; le superlatif relève en outre de la réclame (article 11).
  • Article 4 : secret professionnel ; même dans une publication scientifique, l’identification du patient doit être impossible.
  • Articles 16, 35 et 50 : pas d’avantage matériel injustifié au patient (un concours avec un soin à gagner s’y apparente), pas de baisse d’honoraires pour concurrencer, pas de médisance envers un confrère.

La loi 09-08 compte en outre « le son et l’image » parmi les données personnelles (article 1) : filmer une assistante demande aussi son accord. Notre guide du marketing dentaire au Maroc détaille chaque article.

Check-list avant chaque publication

  1. Le sujet répond à une question de santé ou pratique.
  2. Aucun prix, remise, cadeau ou date limite.
  3. Aucun patient reconnaissable : visage, voix, prénom, tatouage, radiographie nominative, écran visible à l’arrière-plan.
  4. Aucune marque, aucun fournisseur, aucun laboratoire mis en avant.
  5. Aucun superlatif ni promesse de résultat (« le meilleur », « sans douleur garanti »).
  6. Aucune comparaison, même implicite, avec d’autres cabinets.
  7. Contenu médical relu par le praticien, qui se termine par une invitation à consulter, jamais par un diagnostic.

10 idées de publications de prévention pour dentiste

C’est la famille la plus clairement couverte par le but éducatif de l’article 11. Appuyez-vous sur des sources reconnues.

  1. Le brossage deux fois par jour avec un dentifrice fluoré, recommandation de l’OMS. Gestes montrés sur une mâchoire de démonstration.
  2. Le sucre caché. L’OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l’apport énergétique (fiche OMS). Montrez les sources courantes : thé sucré, sodas, jus, biscuits du goûter. Sans citer de marque (article 19).
  3. Le nettoyage entre les dents, fil ou brossettes, sur modèle. Vidéo courte.
  4. Les dents de lait comptent : pourquoi on les brosse dès leur apparition, avec un adulte pour les jeunes enfants.
  5. Les signaux qui doivent faire consulter : gencives qui saignent, sensibilité qui dure, gonflement. Message unique : « parlez-en à votre dentiste ».
  6. Tabac et bouche. L’OMS cite l’arrêt du tabac sous toutes ses formes parmi les mesures de prévention ; la chicha en fait partie.
  7. Le protège-dents pour le sport : football, boxe, arts martiaux. Sans produit ni marque.
  8. Dent cassée ou expulsée. Selon l’IADT, on tient la dent par la couronne, on la garde dans du lait ou de la salive, on ne remet jamais une dent de lait en place et on consulte immédiatement. Visuel unique, facile à enregistrer.
  9. L’hygiène pendant le Ramadan : caler les brossages sur le ftour et le shour, surveiller le grignotage sucré de la soirée. Sans trancher de question religieuse.
  10. Le 20 mars, Journée mondiale de la santé bucco-dentaire, organisée par la FDI : l’occasion de republier vos meilleurs contenus de prévention.

8 sujets sur l’organisation du cabinet

Ce sont des informations pratiques, du même ordre que les « jours et heures de consultations » que l’article 12 autorise sur les imprimés. Elles réduisent aussi les appels répétitifs à l’accueil.

  1. Horaires et jours de consultation, y compris ceux du Ramadan et de l’été. Visuel épinglé en haut du profil.
  2. Prendre, confirmer ou déplacer un rendez-vous : téléphone, WhatsApp, délai pour prévenir. Si votre agenda envoie des rappels par WhatsApp ou SMS, comme smilesIA, dites-le : le patient reconnaîtra le message. Les limites de ce canal sont détaillées dans WhatsApp Business au cabinet dentaire.
  3. La première consultation, étape par étape : accueil, questionnaire médical, examen, radiographie si nécessaire, explication du plan de traitement.
  4. Les documents à apporter : CIN, attestation d’assurance maladie (AMO via la CNSS ou la CNOPS, mutuelle), liste des médicaments, anciennes radiographies.
  5. Le règlement : modes acceptés, reçu pour tout acompte, feuille de soins. L’article 30 interdit d’imposer un mode de règlement et exige un devis écrit avant un traitement coûteux. Aucun montant dans la publication.
  6. Que faire en cas d’urgence hors des heures d’ouverture : numéro, messagerie, délai de rappel.
  7. L’accès au cabinet : étage, ascenseur, stationnement, transports, accès en fauteuil roulant. Vidéo du trajet depuis la rue, salle d’attente vide.
  8. Congés et changements. Les congés s’annoncent comme une information pratique. Pour un communiqué d’ouverture, de fermeture ou de transfert, l’article 14 impose l’agrément préalable de l’Ordre : demandez-le avant de publier.

7 réponses aux questions que posent les patients

Notez pendant un mois les questions entendues à l’accueil et au fauteuil : si une personne la pose, d’autres se la posent aussi. La question est reformulée sans détail permettant de reconnaître son auteur, et la réponse reste générale.

  1. « Pourquoi soigner une dent de lait qui va tomber ? »
  2. « Pourquoi le dentiste me demande-t-il une radio ? » Expliquez ce que la radio montre que l’œil ne voit pas, sans avancer de chiffre de dose.
  3. « Pourquoi le dentiste veut-il connaître mes médicaments ? »
  4. « Le détartrage abîme-t-il les dents ? » Une idée reçue à traiter sans promesse.
  5. « Combien de séances pour mon traitement ? » La réponse dépend de l’examen et du plan de traitement.
  6. « Pourquoi mes dents sont-elles sensibles au froid ? » Plusieurs causes possibles, d’où l’examen.
  7. « Enceinte, dois-je le dire à mon dentiste ? » Oui, comme tout changement de santé.

Modèle de carrousel à copier

  • Image 1 : la question, en gros caractères.
  • Image 2 : la réponse courte, en une phrase.
  • Image 3 : le pourquoi, en deux ou trois lignes.
  • Image 4 : ce que le patient peut faire chez lui.
  • Image 5 : « Chaque situation est différente : parlez-en lors de votre prochain rendez-vous. » Puis le nom du cabinet, sans slogan.

5 sujets « coulisses » sans patient identifiable

  1. Le circuit de stérilisation : nettoyage, emballage, autoclave, traçabilité. Sans « le seul cabinet qui… », qui compare.
  2. La préparation de la salle entre deux patients, en accéléré.
  3. L’équipe et qui fait quoi, avec l’accord écrit de chaque personne filmée.
  4. La formation continue : ce qu’un congrès a changé dans l’organisation. Aucun titre non reconnu (article 15), aucune marque.
  5. Le trajet d’une prothèse, de l’empreinte au laboratoire, montré sur modèle, sans nommer le laboratoire.

Avant de filmer, vérifiez le cadre : dossier ouvert à l’écran, agenda au mur, radiographie sur le négatoscope, voix d’un patient dans le couloir. Les avant/après posent des questions à part, traitées dans notre article sur les photos avant/après du dentiste.

Calendrier de publications dentiste sur un mois

Deux à trois publications par semaine forment un rythme qu’une petite équipe tient sur la durée. Le plus simple : un jour par famille de sujets.

SemaineLundi : préventionMercredi : question de patientVendredi : cabinet ou coulisses
1Brossage fluoré (carrousel)Dent de lait (vidéo courte)Horaires du mois (visuel)
2Sucre caché (carrousel)Pourquoi une radio (texte)Stérilisation (vidéo courte)
3Nettoyage entre les dents (vidéo)Sensibilité au froid (carrousel)Première consultation (carrousel)
4Dent expulsée (visuel)Combien de séances (texte)L’équipe (photo)

Ajoutez les temps forts de l’année : Ramadan, 20 mars, rentrée scolaire, été (congés, retour des MRE), vœux de l’Aïd sur la page.

Préparer un mois en une séance

  1. Choisissez 12 sujets dans la liste.
  2. Rédigez les textes en français, puis en darija ou en arabe.
  3. Faites relire chaque contenu médical par le praticien.
  4. Photographiez et filmez le même jour, check-list du cadre en main.
  5. Programmez les publications avec l’outil de la plateforme.
  6. Préparez la réponse type aux commentaires : « Merci pour votre question. Nous ne pouvons pas donner d’avis sans examen : appelez le cabinet pour un rendez-vous. » Ne confirmez jamais qu’une personne est patiente du cabinet.
  7. En fin de mois, relevez les questions reçues pour le calendrier suivant.

Un assistant d’IA peut produire les premiers brouillons ; nos prompts IA pour le cabinet dentaire en donnent des modèles. L’IA propose, le praticien décide, et aucune donnée de patient n’entre dans un outil grand public.

Formats : texte, carrousel, vidéo courte

FormatSujets adaptésEffortPiège
Texte ou visuel simpleHoraires, informations pratiques, questions courtesFaibleTon promotionnel, superlatifs
CarrouselPrévention pas à pas, questions de patientsMoyenGlisser une offre en dernière image
Vidéo courteGestes, coulisses, accès au cabinetÉlevé : tournage, montage, sous-titresPatient ou écran visible, mise en scène spectaculaire (article 11)

Sous-titrez les vidéos : elles restent compréhensibles sans le son, et c’est l’occasion d’une seconde langue.

Publier en français, en darija ou en arabe

Le code ne dit rien de la langue des publications. La darija convient bien à la vidéo courte ; le français et l’arabe aux textes plus longs. Préférez une langue par publication et une seule écriture pour la darija (lettres arabes ou latines). Une promotion reste une promotion dans toutes les langues.

Erreurs fréquentes

  • Annoncer une « offre du mois » : publicité et baisse d’honoraires pour concurrencer (articles 11 et 35).
  • Organiser un concours avec un soin à gagner : cela s’apparente à un avantage matériel interdit (article 16).
  • Republier la story d’un patient qui remercie le cabinet : secret professionnel et témoignage (articles 4 et 11).
  • Qualifier une technique de « révolutionnaire » ou « sans risque » : réclame (article 11), et article 20 si le procédé n’est pas éprouvé.
  • Mettre en avant une marque d’implants ou de dentifrice : article 19.
  • Répondre à un commentaire par un diagnostic.
  • Confier la page à une agence sans relire : le code s’impose au dentiste (article 1), pas à l’agence.

Questions fréquentes

Que publier sur la page Instagram d’un cabinet dentaire ?

Des contenus qui informent ou éduquent : prévention, informations pratiques (horaires, rendez-vous, documents à apporter), réponses aux questions fréquentes et coulisses sans patient reconnaissable. Évitez prix, promotions, marques et témoignages, qui relèvent de la publicité interdite par les articles 11 et 19 du code de déontologie.

À quelle fréquence un cabinet dentaire doit-il publier ?

Aucun texte n’impose de fréquence. Deux à trois publications par semaine forment un rythme tenable pour une petite équipe. La régularité compte plus que le volume.

Peut-on montrer des patients dans les publications ?

La prudence est de s’en abstenir. L’article 4 du code exige que l’identification du patient soit impossible, même dans une publication scientifique, et la loi 09-08 compte l’image parmi les données personnelles. Un patient reconnaissable qui remercie le cabinet s’apparente en plus à un témoignage publicitaire.

Peut-on publier en darija ou en arabe ?

Oui. Le code de déontologie ne fixe aucune langue pour les publications. La darija convient bien à la vidéo courte, le français et l’arabe aux textes plus longs. Les règles restent les mêmes dans toutes les langues.

Faut-il un community manager pour un cabinet dentaire ?

Ce n’est pas indispensable : une personne de l’équipe formée et un calendrier mensuel suffisent souvent. Si vous déléguez, c’est vous qui répondez devant l’Ordre (article 1 du code), et chaque contenu médical doit passer par votre relecture.

Conclusion

Une page de cabinet utile n’a pas besoin de promotions. Trente sujets, un calendrier préparé une fois par mois et la check-list appliquée avant chaque publication suffisent. Les cas limites sont développés dans notre article sur les réseaux sociaux du dentiste. Cet article donne une lecture générale du code publié en 1999 ; pour un cas précis, l’avis de votre conseil régional de l’Ordre national des médecins dentistes (ONMD) prime.

Quand une publication donne envie de prendre rendez-vous, l’organisation doit suivre : smilesIA réunit l’agenda, les rappels WhatsApp et SMS et la liste d’attente. Découvrir les modules de smilesIA.

Questions fréquentes

Que publier sur la page Instagram d'un cabinet dentaire ?

Des contenus qui informent ou éduquent : prévention, informations pratiques (horaires, rendez-vous, documents à apporter), réponses aux questions fréquentes et coulisses sans patient reconnaissable. Évitez prix, promotions, marques et témoignages, qui relèvent de la publicité interdite par les articles 11 et 19 du code de déontologie.

À quelle fréquence un cabinet dentaire doit-il publier ?

Aucun texte n'impose de fréquence. Deux à trois publications par semaine forment un rythme tenable pour une petite équipe. La régularité compte plus que le volume.

Peut-on montrer des patients dans les publications ?

La prudence est de s'en abstenir. L'article 4 du code exige que l'identification du patient soit impossible, même dans une publication scientifique, et la loi 09-08 compte l'image parmi les données personnelles. Un patient reconnaissable qui remercie le cabinet s'apparente en plus à un témoignage publicitaire.

Peut-on publier en darija ou en arabe ?

Oui. Le code de déontologie ne fixe aucune langue pour les publications. La darija convient bien à la vidéo courte, le français et l'arabe aux textes plus longs. Les règles restent les mêmes dans toutes les langues.

Faut-il un community manager pour un cabinet dentaire ?

Ce n'est pas indispensable : une personne de l'équipe formée et un calendrier mensuel suffisent souvent. Si vous déléguez, c'est vous qui répondez devant l'Ordre (article 1 du code), et chaque contenu médical doit passer par votre relecture.